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L'hôtel de Saint-Aignan, repères chronologiques
1650
Achèvement de l'hôtel particulier pour le comte d'Avaux, surintendant des finances de Mazarin.
Son auteur, l'architecte Pierre Le Muet, propose un décor sans précédent dans l'architecture civile parisienne. Il conçoit notamment une façade en trompe l'oeil, dite «renard», qui masque en réalité un mur appuyé sur le tracé de l'enceinte de Philippe Auguste. Ainsi donne-t-il l'illusion d'un espace vaste et préserve-t-il une apparente symétrie.
L'originalité de cette architecture tient aussi à l'ordonnance de pilastres sculptés, dits «colossaux», courant sans rupture au niveau des étages de bas en haut de la façade. Sur le même principe de continuité, les quatre façades qui encadrent la cour sont identiques, ne distinguant pas particulièrement le corps de logis principal, contrairement à l'usage. L'architecte produit ainsi un effet de verticalité imposant, un rythme soutenu qui conférait une véritable majesté à l'édifice... Trois siècles plus tard, le procédé n'a rien perdu de son intensité, et l'on demeure saisi par la puissance de cet édifice.
Au rez-de-chaussée de l'aile droite de la cour d'honneur, se trouvaient les cuisines, réaménagées aujourd'hui pour accueillir des ateliers, ainsi que la salle à manger devenue «café», qui présente un décor de fresques exceptionnel attribué à Rémy Vuibert.
1688
Paul de Beauvilliers, duc de Saint-Aignan, acquiert l'hôtel. Il entreprend une campagne de travaux de réfection et de modernisation avec un agrandissement de la façade sur jardin, la réalisation d'un escalier d'honneur, l'aménagement d'appartements dans l'ancienne galerie du premier étage. Le Nôtre est sollicité pour redessiner un jardin à la française avec des parterres d'ornements. Le principe de restauration qui sera adopté au XXe siècle reprend précisément la fin XVIIe comme période de référence.
1795
Après avoir été mis sous séquestre à la suite de la Révolution, l'hôtel devient le siège de la septième municipalité.
© Musée d'art et d'histoire du Judaïsme