Châle de prière

Pologne, 
Vers 1920
Inv.
2017.25.001
Textile
Châle de prière
Tallit, טלית
Dimensions :
L. 150 - La. 45 cm
Soie
mahJ, 
don de Simone Faïf née Sztarkman et de ses filles, Anne Garance Faif Kohler et Emilie Faif en mémoire de leurs familles et leurs morts

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Contexte d'utilisation
Culte synagogal/ Culte domestique/ Prière
Historique

Le châle de prière, talit, טלית, en judéo-araméen signifie « habit ». C’est un vêtement à quatre coins, propre au judaïsme, dont chaque coin est, en vertu de la prescription biblique, pourvu de franges. L’usage distingue le talit gadol (grand talit), châle généralement fait de laine dont les juifs adultes s’enveloppent pour la prière, et le talit katan (petit talit), pièce en coton le plus souvent portée au-dessous des vêtements dès le plus jeune âge. La pièce ici présentée est un grand talit.
Le commandement prescrivant de porter les tsitsit (franges rituelles) est donné dans plusieurs passages de la Torah :
« Et l'Éternel dit à Moïse : Parle aux Enfants d'Israël et dis-leur qu'ils se fassent, de génération en génération, des tsitsit aux bords de leurs vêtements… (Nombres, 15:37-41).
« Tu mettras des franges aux quatre coins du vêtement dont tu te couvriras […] » (Deutéronome, 22:12).
Ce dernier passage déclare spécifiquement que seul un vêtement à quatre coins doit comporter des franges rituelles.
Dans les communautés de rite ashkénaze, le châle de prière est porté le plus souvent par des hommes mariés. Dans les communautés séfarades, il est porté par tous les hommes à partir de leur bar mitsva, c'est-à-dire 13 ans et un jour ou leur majorité religieuse. Le châle est porté à chaque office du matin et à chaque office supplémentaire sauf le jour du jeune de Ticha be-Av où on le met pour la prière de l’après-midi et le jour du Grand Pardon pour les cinq prières de cette journée.
L’acte de mettre le talit est une préparation à la prière. Il permet au pratiquant d’entrer dans un espace consacré à la prière, séparé du quotidien.
Le talit traditionnel est tissé en laine, mais il peut être également en soie, coton ou lin. Aujourd’hui les tissus synthétiques sont également employés. La couleur traditionnelle est le blanc. Sur les deux bords latéraux le talit est rayé de lignes noires, bleues ou blanches.
Ce don s’accompagne d’une documentation composée de photographies, de documents d’archives et de récits sur l’histoire de la famille.

Provenance
Ce châle de prière a appartenu au père de la donatrice, Chaskiel Sztarkman (1903 - 1942), tailleur, venu de Pologne en France dans les années 1920, marié à Fanny Obarjansky en 1937, déporté de France et mort en déportation à Auschwitz en 1942.
Description

Rectangle de soie écrue à rayures bleues aux deux extrémités, bordé de franges et pourvu de franges rituelles aux quatre coins. Sur l’un des deux bords, sur la partie centrale, est brodée une inscription en hébreu : Baroukh Ata Adonaï Elohénu Méleck Ha’Olam (Béni es-Tu, Seigneur, notre Dieu, Roi de l'univers), qui est le début de la bénédiction prononcée lors de l’allumage des bougies de shabbat.

Langue
Hébreu