Back to top

Le repas des Justes au Paradis

CHETRET, Albert
Paris, France,
20e siècle
Inv.
2002.01.0401
ancien inv.
IOB0761
Peinture
Dimensions :
H. 45 - L. 32 - Ep. 2 cm
Huile sur toile sur planche de bois.
mahJ,
Fonds du musée d'Art juif de Paris, don de l'artiste en 1988

Pour toute demande de reproduction veuillez contacter la photothèque.

Historique
La composition sur fond or s’inspire de plusieurs enluminures pleine page d’un célèbre manuscrit hébraïque de la British Library (Ms. add. 11 639) réalisé en France du Nord entre 1277 et 1286, à l’exception des têtes animales dont sont dotés les justes qui proviennent d’une autre source.
Description
Le registre supérieur représente trois monstres symbolisant chacun une branche du règne animal : le Léviathan, un monstre marin cité dans le livre de Job (3,8, 40,25 et 41,1) et les Psaumes (74,14 et 104,26), figuré comme un énorme poisson enroulé sur lui-même encerclant la terre (Isaïe, 27,1), le behemot, un énorme bœuf sauvage rugissant, et le bar-Yokhani, une sorte de volatile aux ailes de griffon. Ces trois créatures étaient censées inspirer la crainte aux animaux les plus féroces et mettre un ainsi un frein à leur avidité. Elles ont surtout été créées en prévision du banquet des justes, reproduit dans le registre inférieur. La chair du Léviathan femelle, tué pour éviter la multiplication de l’espèce, ayant été conservée dans du sel jusqu’à la fin des temps, alors que le Léviathan mâle doit être tué par l’ange Gabriel et sa peau remployée pour fabriquer une tente abritant ces mêmes justes, légende évoquée au moment de la fête des cabanes (soukkot). Les convives, somptueusement vêtus et coiffés de couronnes sont ici représentés avec des têtes d’animaux (ours, singe, âne, oiseau) afin de ne pas transgresser l’interdit de la représentation de la figure humaine, solution effectivement adoptée par certains manuscrits hébraïques rhénans comme la fameuse Haggadah à têtes d’oiseaux des collections de la bibliothèque nationale d’Israël (Allemagne du Sud, vers 1300).
Signature
Signé en bas à droite en lettres hébraïques "Alef" et "shin", les lettres hébraïques correspondant aux initiales de l'artiste
Bibliographie
Thérèse et Maurice Mendel, La vie juive au Moyen-âge illustrée par les manuscrits hébraïques enluminés du XIIIe au XVIe siècle.Fribourg, Office du livre, 1984, p. 37-38